Catégorie : Avancement du projet

Démarrage des cafés-débats de l’école Joyeuse

Notre école est en phase de création et suscite de plus en plus de questions. Pourquoi ne pas se les poser et y réfléchir ensemble ? C’est ce que nous vous proposons à travers des cafés-débats mensuels sur le thème de l’éducation. Le premier aura lieu jeudi 13 octobre au café associatif le Lieu-Dit à Saint Affrique, à partir de 18h et jusqu’à 21h (possibilité d’arriver ou de partir quand vous voulez). D’autres suivront chaque mois, dans différents cafés de la ville (au Glacier le 24 novembre et au Pub des Causses le 15 décembre).
Que vous soyez parent, éducateur, enseignant, élu, étudiant, lycéen, collégien ou curieux, vous êtes invités à venir enrichir les discussions de votre point de vue.

Au plaisir d’échanger ensemble !

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Le blog est en pause

Cela fait plusieurs mois que nous n’avons pas donné de nouvelles sur ce blog. C’est que beaucoup de choses se passent dans le monde réel, nous amenant à nous restructurer. Nous n’avons finalement pas pu ouvrir en septembre, mais nous continuons d’œuvrer pour que cette école voit le jour prochainement. Nous envoyons toujours la lettre d’info, à laquelle vous pouvez vous abonner pour nous suivre. Pour consulter celle de septembre 2016, c’est par ici ! Vous pouvez aussi nous rejoindre sur notre page Facebook. Et vous pouvez aussi jeter un œil (ou une oreille) aux médias qui ont parlé de nous récemment. A bientôt !

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L’école Joyeuse accueille ses futurs élèves à Vendeloves le 1er mai

Ca y est : l’école Joyeuse a trouvé un lieu pour s’implanter ! Elle ouvrira ses portes le 1er septembre prochain à Vendeloves, hameau à 3 km de Saint Affrique dans la jolie vallée de la Sorgues.
Léa nous accueille sur son terrain en surplomb de la rivière (non inondable, bien sûr) : merci mille fois à elle ! De son côté, Nathalie Myotte a commencé à mettre ses talents à contribution pour confectionner la yourte aux normes ERP qui nous accueillera.

Dans ce contexte, alors que l’année scolaire se termine, nous souhaitons rencontrer les enfants et les jeunes intéressés pour intégrer notre école à la rentrée 2016. L’occasion de faire connaissance et de répondre à leurs questions, qui ne sont souvent pas les mêmes que celles de leurs parents !

Voilà pourquoi, le dimanche 1er mai, l’équipe de l’école Joyeuse convie les familles qui ont préinscrits leurs enfants (et celles qui se posent très concrètement la question de le faire) à une rencontre à Vendeloves, sur les lieux de la future école. Les frères et sœurs des enfants sont également les bienvenus.

Voici le déroulé prévisionnel de l’après-midi :

14h30 : Accueil et temps d’échange informel.
15h : Temps de discussion entre l’équipe et les élèves potentiels : tour de présentation, explications sur le fonctionnement de l’école, questions/réponses (les enfants peuvent préparer des questions à l’avance). Pendant ce temps, les parents qui le souhaitent pourront échanger entre eux, s’organiser pour la rentrée (covoiturage…).
16h : Goûter tous ensemble. Les parents sont sollicités pour nous régaler les papilles de leurs spécialités et apporter des boissons !
Nous en profiterons pour discuter de notre état d’avancée et vous faire part de nos besoins, dont voici une liste pour commencer à y réfléchir : compétences en électricité, plomberie, chauffage, assainissement, toilettes sèches, ameublement (étagères, tables, chaises, tapis), matériel pour l’école (pédagogique, jeux, sport, musique, arts, bricolage, sciences, jouets, livres, informatique), matériel de construction (outils, bois pour le plancher de la yourte et les toilettes sèches, sciure).
Par ailleurs nous allons créer des fiches destinées aux « personnes ressources » pour l’école, celles qui souhaitent partager leurs savoirs, savoir-faire, compétences, matériel spécifique. Vous pourrez vous y présenter et y coller une photo rigolote, de façon à constituer un superbe trombinoscope. Ces fiches seront regroupées dans un classeur tenu à la disposition des membres de l’école.
Au plaisir de vous retrouver le 1er mai !
Joyeusement,
L’équipe

INFOS PRATIQUES
Accès : 2 routes pour venir :
> À St Affrique, après le cinéma direction Millau, prendre à droite juste avant le pont en suivant le petit panneau « Vendeloves ». Continuer toujours tout droit, sortir de St Affrique, traverser Vendeloves puis le pont sur la Sorgues.
> Depuis la D999 (vers St Affrique ou Millau), prendre la route de la vallée de la Sorgues (D7, vers St Félix, Fondamente, Cornus) puis prendre à droite la route qui traverse le pont vers Vendeloves.

Parking : se garer sur l’esplanade en face du stade de Vendeloves, au bord de la rivière. Nous vous retrouverons là-bas à 14h30.

– Vendeloves est à 10 minutes en vélo de Saint Affrique avec peu de dénivelé !

– Nous avons réservé 2 espaces abrités en cas d’intempérie : une salle de l’ancienne école ainsi que l’église, de façon à pouvoir se scinder en deux groupes. S’il fait beau, nous nous assiérons dans l’herbe. Les personnes ayant des problèmes pour s’asseoir au sol peuvent prévoir d’amener des tabourets ou chaises.

village

Venez nous rencontrer !

En ce début avril à Saint Affrique, l’équipe du projet de l’École Joyeuse est de sortie !

Vous avez mille questions à nous poser ? Vous souhaitez préinscrire un-e élève pour la rentrée prochaine ? Venez donc nous rencontrer !

Nous aurons un stand dimanche 3 avril toute la journée à la foire Alterna’Bio.

Et mardi 5 avril, on vous donne rendez-vous à partir de 18h30 au Lieu-Dit (rue de l’industrie) pour discuter ensemble de l’avancement du projet. Venez en famille !

Au plaisir d’échanger !

Joyeusement,

L’équipe

koala

 

 

Soirée de présentation à Millau

Petit rappel : jeudi 18 février à 20h au Bar’bouille (Millau) je présenterai le projet de l’École joyeuse !

Une école démocratique pour tous les âges (primaire, collège, lycée…) libérée des classes, des programmes et des emplois du temps. Cette école s’inscrit dans la lignée de la quarantaine d’écoles Sudbury qui existent dans le monde depuis 1969, dont l’École Dynamique à Paris.

L’École Joyeuse s’inspire du fonctionnement des systèmes vivants et vise à réconcilier l’humain avec lui-même, avec les autres et avec la nature.

Au plaisir de vous rencontrer et d’échanger 🙂

Venez nombreux et amenez votre famille, vos amis, vos voisins, vos collègues…

Retour sur la soirée de présentation à St Affrique

Je vous avoue que j’avais un peu le trac. Mais quand j’ai vu toutes ces personnes affluer dans le café associatif, ce trac a vite été remplacé par de la joie et de l’excitation. Nous étions plus de quarante ! Des gens qui venaient principalement de la commune et des villages avoisinants, mais aussi de Millau, voire de l’Hérault ! Pas possible de se mettre en cercle en raison de la configuration des lieux, mais cela n’a pas empêché de faire un tour de présentation où chacun a pu exprimer ce qu’il venait faire ici. Puis j’ai blablaté, pendant pas mal de temps. Sur mon parcours d’abord, sur le projet ensuite. Vous pouvez retrouver un large extrait (même si bien sûr, plein de choses ont été coupées au montage) ainsi que plusieurs réactions du public dans l’émission le Douze Douze sur Radio Saint Affrique (à partir de 21’30).

Les échanges ont été très riches et profonds. Il n’y a pas eu de réaction désagréable ou de rejet. J’ai été touchée que les personnes parlent de manière authentique, révèlent leurs craintes, parlent de leur vécu en tant qu’enfant et en tant que parent. Je n’ai pas pris de notes de toutes ces discussions et serais bien en peine de tout retranscrire. Mais globalement, les questions tournaient autour de la vie quotidienne concrète de l’école (journée-type ? Et s’il reste assis à ne rien faire ?…), le rôle de l’adulte par rapport aux enfants (si pas prof, alors quoi ? Quelles différences entre enseigner et transmettre ?), des craintes quant à l’apprentissage de la lecture et de la grammaire (les accords du participe passé selon la place du COD)… Certaines personnes ayant pratiqué l’instruction en famille ont partagé leurs expériences des apprentissages autonomes, ce qui a rassuré beaucoup de parents.

La soirée a commencé à 20h, mais les échanges se sont poursuivis jusqu’à plus de minuit. Difficile de s’arrêter ! En partant, ça cogitait encore sévère dans la plupart des cerveaux… Tout cela va faire son chemin… Franchement, si cette soirée n’avait servi qu’à cela, pouvoir échanger sur ces questions de fond concernant l’éducation, ça aurait déjà été génial ! Mais il y a eu beaucoup plus : j’avais laissé des fiches de contacts sur une table, les cinq pages ont été remplies, ça débordait même des cases, avec plein de propositions d’aide ou de futurs élèves… Même de nouveaux donateurs ! Peu d’enfants ou ados étaient présents, mais il y avait Félix, 13 ans, juste devant moi. « Ça l’a fait rêver… pour lui c’est le Graal. » m’a confié sa mère. J’ai hâte d’ouvrir l’école et de l’accueillir !

Et même le lendemain, le surlendemain : des coups de fil, des messages, des mails ! Catherine, par exemple, qui veut m’aider à organiser la même soirée à Millau : je n’y avais même pas pensé ! Bref, je suis sur un petit nuage. D’autant qu’il y a en plus une grande nouvelle : l’École Joyeuse est désormais une association loi 1901 ! Les documents ont été envoyés à la Préfecture, nous sommes en attente du récépissé et de la publication au Journal Officiel…

À très vite pour la suite de l’aventure !

Joyeusement,

Emmanuelle

foule

Dans le Lieu-Dit ça ressemblait un peu à ça ^^

Soirée de présentation à St Affrique

Petit rappel pour celles et ceux qui n’auraient pas vu leurs mails ou les affiches en ville : mercredi 27 janvier à 20h au Lieu-Dit (Saint Affrique) je présenterai le projet de l’École joyeuse !

Au plaisir de vous rencontrer et d’échanger autour de l’éducation démocratique 🙂

Si vous avez des pistes pour le lieu, ce sera le moment d’en parler car les recherches actives vont démarrer !

Venez nombreux et amenez votre famille, vos amis, vos voisins, vos collègues…

 

Témoignage de mon immersion à l’Ecole Dynamique

Je n’ai passé que deux jours à l’Ecole Dynamique, mais ils m’ont profondément changée. Tenter d’exprimer ici ce vécu, tout ce qui a bougé en moi, me semble important. Ainsi, ce témoignage ne relatera pas des faits, mais mes prises de conscience durant cette courte et très dense immersion.

L’École Dynamique est une école de la liberté. Je le savais, en théorie, mais je ne l’avais pas vécu réellement. En faire l’expérience a été très déroutant. Car je me suis rendue compte que, alors que je me croyais libre, en fait je ne l’étais pas vraiment. Car je n’assumais pas l’immense responsabilité qui en découle. M’en rendre compte, en côtoyant des personnes que j’ai senties réellement libres, a été vertigineux. A l’Ecole Dynamique, liberté et responsabilité sont les deux faces d’une même pièce, le Yin et le Yang formant le socle sur lequel repose la paix de la communauté. J’ai compris que les deux étaient indissociables, qu’il était illusoire de penser pouvoir avoir l’une sans l’autre. J’ai ressenti dans mes tripes cette révélation de Nelson Mandela :

« Notre peur la plus profonde n’est pas d’être incapable. Notre peur la plus profonde est d’être puissant au-delà de toute mesure. C’est notre lumière, pas notre ombre, qui nous effraie le plus. »

Il me faut risquer la liberté, ne plus dépendre des autres mais avoir suffisamment confiance en moi pour assumer pleinement ma responsabilité d’être humain autonome. Voilà un enseignement que je n’ai jamais eu à l’école traditionnelle, où j’étais placée sous l’autorité d’adultes qui me disaient ce que je devais faire et me montraient sans cesse que je ne savais pas assez, que je n’étais pas assez. Même ceux qui avaient la meilleure volonté du monde, même ceux qui voulaient m’aider. Car j’ai compris aussi que vouloir aider les autres n’est pas forcément une bonne chose : en aidant quelqu’un qui n’a pas formulé de demande, on l’empêche d’acquérir son autonomie, on le place en position inférieure, de non-sachant. On lui renvoie l’image qu’il n’est pas capable de faire seul et on abîme sa confiance en lui. La personne en arrive petit à petit à s’en remettre aux autres pour tous les domaines de sa vie, à ne plus savoir ce qui est bon pour elle ou pas. Et finalement, à déléguer la responsabilité d’elle-même à des autorités extérieures. Avec le temps, elle intériorise ces schémas hiérarchiques, qui lui semblent sécurisant. Ne pas avoir à assumer la responsabilité de ses choix de vie mais pouvoir blâmer les autres en cas d’échec, n’est-ce pas rassurant finalement ? Elle prend l’habitude d’obéir à des chefs, de suivre des indications. Elle finit par ne même plus savoir lire sa boussole intérieure et suit le troupeau, un peu paumée, sans percevoir les signaux d’alarme de son corps, qui voudrait pourtant, lui, ruer dans les brancards. La liberté devient alors l’inconnue, ce qui fait peur. Et quand on croise des gens libres, ils nous fascinent autant qu’ils nous énervent, bousculant nos peurs et nous renvoyant à notre inconcevable responsabilité.

J’ai compris qu’on ne peut créer un tel cadre pour d’autres tant qu’on n’assume pas soi-même sa propre liberté, sa propre responsabilité. Et que c’est la confiance qui nous libère de nos peurs. Cette confiance, je la vois comme la clef de voûte de l’École Dynamique. C’est grâce à elle que ce système démocratique peut fonctionner. En témoigne le Conseil de Justice (CJ), organe vital pour la vie en communauté, qui reflète la haute exigence de l’école concernant le comportement de ses membres. Une exigence impressionnante vue par un regard extérieur. Lors du CJ, les comportements risquant de menacer la paix du collectif sont pris très au sérieux. Des insultes ou des attitudes violentes, pourtant répandues dans les collèges et lycées de l’éducation nationale, sont ici inacceptables. Car si l’on ne peut pas se faire confiance les uns les autres, le climat « secure » et bienveillant de l’école est menacé. Les nouveaux membres semblent intégrer cette réalité assez vite, après une phase de transition plus ou moins difficile.

Je suis particulièrement admirative des adolescents qui entrent à l’École Dynamique. Après toutes ces années, être soudainement libéré de la domination adulte, découvrir d’autres modes de communication, de gestion des conflits, de vivre-ensemble… Se retrouver face à soi-même, en assumer la responsabilité immense et rendre les armes. Chapeau bas.

J’ai pris conscience que j’avais encore des intentions éducatives. Par exemple, il me tenait à cœur d’instaurer dans ma future école une culture du « care », du prendre soin, de la solidarité. Une bonne chose a priori, non ? Sauf que, ce que j’ai également compris, c’est que forcer détruit. Obliger quelqu’un à lire Victor Hugo alors qu’il n’en a pas envie, expliquait par exemple Ramïn, est-ce que ça ne conduit pas à détruire la culture plutôt qu’à la faire vivre ? N’est-ce pas en ayant confiance en l’attractivité de la culture, en laissant les enfants découvrir et aimer librement Hugo, qu’on le fait vivre ? Je crois que cette idée est très juste et qu’elle peut s’appliquer à de nombreux autres champs : la nature, par exemple. Mais aussi à cette culture du « care ». Et de fait, j’ai constaté qu’à l’École Dynamique, liberté ne rime pas avec égoïsme et repli sur soi. Au contraire : libre d’aller vers l’autre et de nouer les relations que je souhaite, je permets à mon humanité et ma fraternité de pouvoir s’exprimer. Il ne s’agit pas de forcer des pratiques mais simplement de ne pas chercher à contrarier notre élan naturel.

Enfin, j’ai compris l’humilité qui sous-tend cette philosophie de la liberté. Car il n’y a là aucune prétention hégémonique, à se poser en réponse suprême, en solution universelle. L’École Dynamique ne prétend pas être parfaite, ne vise pas à éclairer le monde pour le guider vers la voie à suivre, comme le font tant de mouvements politiques par exemple. Au contraire, on y trouve une reconnaissance absolue de la liberté d’autrui. Il n’est pas question de convaincre qui que ce soit, mais simplement de montrer qu’une autre éducation est possible. Une éducation où, à tout âge, libre et responsable, la personne se voit offrir le temps et l’espace pour être en paix avec elle-même et avec les autres.

Emmanuelle

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Vivement 2016 !

Chères amies, chers amis,

juste un petit mot en cette fin décembre, pour vous dire que 2015 s’achève merveilleusement bien et que 2016 promet d’être haute en couleurs. En effet, la première lettre d’information vient à peine d’être envoyée qu’elle n’est déjà plus à jour. Les bonnes nouvelles pleuvent !

Nous avons notre première donatrice ! C’est Bérangère, rencontrée aujourd’hui, qui s’est engagée à verser 5 euros par mois pour soutenir l’École joyeuse. Et le plus incroyable, c’est que Bérangère est… instit dans l’Éducation Nationale ! J’adore quand la vie est joueuse comme ça 😉

Le moment arrive également de passer du « je » au « nous » : je suis en train de passer de porteuse de projet en solo, à membre d’une équipe fondatrice !

Et puis hier, une amie avec qui j’ai discuté en détail du projet m’a appris son intention de créer une école similaire dans le Tarn !

Alors, comment vous dire, tout ça et puis les chouettes retours que je reçois de part et d’autre, ça me remplit de joie. Je vois que je ne suis pas seule, que partout ça bouge, ça fourmille, ça foisonne. Ça fait un bien fou et ça donne un espoir formidable pour l’année qui vient. J’espère que lire cela vous donne de l’énergie à vous aussi pour réaliser vos rêves, pour bâtir ensemble un monde meilleur.

Je vous souhaite à toutes et à tous de joyeuses fêtes 🙂

La suite en 2016… !

Emmanuelle

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Holi, la fête des couleurs en Inde

De retour de la capitale : ce que je retiens pour l’Ecole joyeuse

Devant me rendre en Picardie la semaine dernière, j’en ai profité pour faire une petite tournée parisienne à la rencontre de personnes inspirantes dans le domaine qui m’intéresse actuellement : les biotechnologies… …

Mais non, bien sûr, c’était un test pour voir si vous suiviez : l’éducation, of course ! Au programme : visite de La Maison des Enfants, rencontre avec Ramïn Farhangi (fondateur de l’École Dynamique, de type Sudbury) et rencontre des CREPSC (Centre de Recherche des Petites Structures et de la Communication), du Réseau pour l’École Libérée et Écoles du troisième type (Bernard Collot) d’Ile de France.

Je ne vais pas tout vous détailler, ce ne serait pas très utile, mais sachez en tout cas que tous ces échanges furent très riches et stimulants intellectuellement ! Ça vaut vraiment le coup de se déplacer et de quitter l’espace virtuel d’internet pour aller se rencontrer en vrai, la dimension est toute autre.

« Ne pas essayer de rassurer tout le monde »

C’est l’un des bons conseils avec lesquels je suis rentrée chez moi. Car lorsque l’on se lance dans un projet plutôt original et innovant, pour ne pas dire carrément révolutionnaire, forcément en face on suscite des réactions étonnées, sceptiques, voire même parfois agressives. Et je me suis surprise moi-même à mesurer mes propos, à hésiter à tout dire, pour ménager mon interlocuteur. Pourquoi ? Parce que je supposais que sa réaction ne serait pas bienveillante et qu’il me faudrait me justifier longuement, défendre mon idée.

Étonnamment, alors que j’ai tendance à anticiper des réactions hostiles, mes propos sont le plus souvent bien accueillis par mes interlocuteurs (souvent non familiers du monde de l’éducation, à part le fait d’avoir été élèves, ce qui est tout de même énorme), qui prennent le temps de digérer les informations reçues et se montrent très ouverts. Dans le meilleur des cas, la personne est franchement enthousiaste et pose des questions tout à fait logiques et sensées pour mieux comprendre de quoi il retourne exactement.

Donc déjà, je dois apprendre à faire mien le troisième accord toltèque « Ne faîtes pas de supposition », afin d’éviter de me placer d’emblée dans une posture de défense, ce qui n’aide pas mon propos et prête à mon interlocuteur des intentions qu’il n’a pas. Ensuite, effectivement, il ne s’agit pas de rassurer tout le monde. Bien sûr qu’une telle conception de l’éducation génère des doutes, des craintes, chez des gens qui, comme moi, ont été éduqués selon des principes exactement contraires au projet de l’École joyeuse : des enseignements contraints, la soumission à l’autorité, l’obéissance… Mais s’il fallait rassurer tout le monde, un tel projet ne pourrait voir le jour ! Je serais tout bonnement obligée de le modifier, de me censurer, de me renier même ! Est-ce à dire que je ne dois écouter personne ni me laisser influencer ? Non, bien sûr. Mais j’ai décidé de porter ce projet, j’en prends la responsabilité et à ce titre il me semble fondamental qu’il soit en accord complet avec mes valeurs. Libre à quelqu’un qui n’est pas d’accord avec cela de ne pas adhérer à ce projet et d’en créer un autre s’il le souhaite.

« Commencer avec un cadre clair, carré »

Découlant logiquement de ce qui précède, il semble très important de démarrer sur de bonnes bases. Pour poser ce que l’on souhaite vraiment, intégrer l’expérience des pionniers qui ont défriché le terrain avant nous (merci notamment à Daniel et Hanna Greenberg, fondateurs de la Sudbury Valley School en 1969…) et pouvoir communiquer clairement sur notre projet.

Je n’arrivais pas à me résoudre à poser réellement ce cadre au démarrage du projet. Parce que j’avais besoin de temps pour approfondir les différents visages de l’éducation démocratique, mais aussi parce que je me projetais dans une démarche de co-construction et craignais d’être autocratique. Or, les faits montrent que ne pas savoir où elles mettent les pieds rend les personnes plus réticentes à s’engager. Et c’est bien normal. Car après tout, le projet vient de moi : si je ne suis pas claire sur ce que je veux, pourquoi des personnes extérieures auraient-elles confiance pour rejoindre l’aventure ? L’École joyeuse que je souhaite n’est de toute façon, structurellement, pas autocratique. Elle a néanmoins besoin d’un cadre clair pour que puisse, en son sein, s’exprimer la véritable démocratie.

En effet, comment rendre possible cette démocratie si nous ne posons pas d’emblée la stricte égalité entre les enfants et les adultes ? Or, cette égalité va-t-elle de soi dans la société où nous vivons actuellement ? Malheureusement non. Voilà pourquoi ce cadre est nécessaire, parce que nous ne sommes pas coupés du monde, de ses idéologies et de ses systèmes. Mais nous pouvons, en bénéficiant pour cela des expériences et résultats des pionniers, proposer des bases claires permettant de rendre cet espace de liberté et de démocratie possible et même durable. Ensuite, les choses se font, les problèmes se règlent au fur et à mesure, en suivant le bon sens.

« Il n’y a aucune nécessité à ce que les membres de l’équipe soient des éducateurs »

C’est probablement le point qui me posait le plus question. J’ai eu ma réponse. Et en l’entendant, j’ai trouvé qu’elle était parfaitement naturelle. Non, il n’y a pas besoin de personnes ayant été formées à telle ou telle pédagogie. La seule chose indispensable, c’est d’avoir fait un travail sur soi, d’avoir étudié la nature humaine, pour pouvoir se libérer des carcans qui nous enferment, se reconnecter à ses émotions, à ses ressentis. Pour pouvoir considérer l’enfant comme une personne. Pour accompagner avec bienveillance. Pour faire confiance. Pour être un modèle d’adulte heureux et responsable, pas englué dans ses névroses.

Je repense en souriant à la réponse que m’a faite Bernard Collot lorsque je lui ai écrit mes craintes que je ne vienne pas du monde de l’éducation : « C’est un immense atout !!! »

Outre ces qualités humaines, il s’avère cependant que des compétences en organisation, gestion et compta peuvent être utiles au sein de l’école 😉

Pour finir, le plus beau a sans doute été les multiples encouragements dont j’ai bénéficié qui vont me porter pour les mois à venir :

« Tu as une belle énergie ! Vas-y, fonce ! »

Oh que oui !

Joyeusement,

Emmanuelle

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Source : http://kerryschofieldjournalist.files.wordpress.com